Il n’existe aucun plan unique pour une mosquée. L’islam s’est répandu à travers déserts, montagnes, vallées fluviales et littoraux, et partout les bâtisseurs ont façonné la mosquée à partir des matériaux, du climat et du savoir-faire locaux. Il en résulte l’une des traditions architecturales les plus riches du monde, unie par sa fonction, infiniment variée dans ses formes. Il prolonge notre présentation de Qu’est-ce qu’une mosquée?. Ce guide parcourt les grands styles régionaux; pour comprendre les éléments cités ci-dessous, lisez-le avec éléments d’une mosquée expliqués, et pour l’émergence de ces styles dans le temps, voyez brève histoire des mosquées.
La mosquée arabe hypostyle
Le plan le plus ancien est la mosquée hypostyle, ou à multiples colonnes. Descendante directe de la maison à cour du Prophète à Médine, elle associe une vaste prière">salle de prière au toit plat, porté par des rangées de colonnes, à une cour ouverte bordée d’arcades. La Grande Mosquée de Damas et la Grande Mosquée de Cordoue, avec sa célèbre forêt d’arcs rouge et blanc, en sont des exemples classiques qui ont façonné l’architecture arabe et andalouse pendant des siècles.
La mosquée persane à quatre iwans
En Iran et en Asie centrale s’est imposé un plan singulier organisé autour de l’iwan, une immense salle voutée, ouverte sur un côté, encadrant la cour. La mosquée persane classique dispose quatre iwans autour d’une cour centrale, couronne le sanctuaire d’une coupole bulbeuse revêtue de faïence et habille chaque surface d’un éblouissant décor de céramique turquoise et cobalt. Les grandes mosquées d’Ispahan en sont l’expression suprême.
La mosquée ottomane
Héritiers de l’ingénierie byzantine de Constantinople, les architectes ottomans, au premier rang desquels le maître Sinan, ont perfectionné la vaste coupole centrale. Des édifices comme la Süleymaniye d’Istanbul font cascader des demi-coupoles depuis une unique coupole élancée pour enclore un espace de prière clair et sans obstacle, inondé de lumière par des centaines de fenêtres et flanqué de minarets fins en forme de crayons.
La mosquée moghole
Dans le sous-continent indien, les Moghols ont marié les formes persanes au grès rouge et au marbre blanc locaux. Coupoles bulbeuses, arcs brisés, incrustations délicates et portails monumentaux définissent des chefs-d’œuvre comme la Jama Masjid de Delhi et la mosquée Badshahi de Lahore, grandioses et pourtant finement ciselés.
Les mosquées ouest-africaines et sahéliennes
Au sud du Sahara, les bâtisseurs ont élevé d’extraordinaires mosquées en briques de terre séchées au soleil, aux murs hérissés de poutres de bois saillantes servant d’échafaudage permanent pour un ré-enduit régulier. La Grande Mosquée de Djenné, avec ses contreforts effilés et ses tours de terre, est la plus célèbre de ces mosquées soudano-sahéliennes, preuve qu’une architecture monumentale n’a besoin d’aucun marbre.
Les mosquées chinoises et d’Asie du Sud-Est
En Chine, beaucoup de mosquées anciennes adoptent les formes de l’architecture traditionnelle des temples, halls de bois, toits de tuiles aux avant-toits relevés et « minarets » en forme de pavillons, tout en restant, à l’intérieur, pleinement orientées vers La Mecque. En Asie du Sud-Est, des toits pyramidaux à étages ont longtemps tenu lieu de coupoles avant l’arrivée des styles importés.
Lumière, calligraphie et mosquée moderne
À travers chaque tradition, certaines idées reviennent: le jeu de la lumière naturelle comme symbole du divin, le refus des images figuratives au profit de la géométrie et de la calligraphie, et la centralité du mur de la qibla. Les architectes contemporains réinterprètent tout cela dans le béton, l’acier et le verre, concevant pour les villes du monde entier des mosquées minimalistes, voire écologiques. Pour en constater vous-même la variété, parcourez les mosquées sur notre la carte interactive et découvrez les styles de votre région.